Un film de Riton Liebman
Avec Riton Liebman, Léa Drucker, David Murgia, Guy Staumont, Samir Guesmi, Jackie Berroyer, Michèle Moretti

Je suis Supporter du Standard

Synopsis

Pour Milou, le football est une véritable drogue, une religion qu’il pratique en fanatique, se faisant un devoir de contribuer personnellement, et par tous les moyens, à la victoire de son équipe : le Standard de Liège.
Quand il n’est pas en mission avec son fidèle disciple Looping pour perturber le sommeil des joueurs d’une équipe adverse, Milou commente les dernières informations footballistiques au café de M. Raymond son vieil ami et mentor. Il transforme même à la sauce football les questions du code de la route qu’il donne à l’auto-école « Jacky team ». Il semble que cet amour du ballon rond soit la seule source de satisfaction dans la vie de Milou, et ce en dépit des résultats calamiteux de son club favori.
Pourtant l’arrivée à l’auto-école de Martine, une animatrice radio va pousser Milou à tempérer ses ardeurs de supporter. Martine déteste le foot. A l’origine de ce dégoût se cache une vieille rancune pour un père qui s’est toujours désintéressé d’elle au profit de son sport adoré.
Renonçant au match de l’année pour passer une soirée avec Martine, Milou semble sur le point d’aborder un nouveau tournant de sa vie. C’est sans compter la force dévastatrice de la dépendance, qui va faire échouer ses efforts. Il atterrit finalement par hasard dans une réunion des Alcooliques
Anonymes. D’abord convaincu de ne pas avoir sa place parmi ces toxicomanes, Milou finit par se rendre à l’évidence que son addiction au football est un handicap aussi grand pour sa vie sociale que l’alcoolisme en question. Il accepte l’aide d’un des membres, Lakdar, qui lui propose d’être son parrain. Mais le combat est rude. Un nouveau rejet de Martine dans cette phase critique provoque l’ultime rechute… Une suite de malentendus conduit Milou droit à l’hôpital. Opéré pour un ongle incarné, Milou découvre le rapport freudien qui lie cet amour du foot à son oncle mort en déportation. L’oncle réincarné qui poursuit sa passion à travers son neveu. Milou se sent vraiment prêt à tourner une page. Il se confie à Monsieur Raymond lors d’une longue conversation où il fait également allusion
à Martine, découvrant malgré lui un autre lien qui est loin d’être anodin : Monsieur Raymond est en fait le père absent qui a tant fait souffrir Martine.
En organisant la rencontre entre la fille et son père, brouillés depuis des années, Milou marque des points. Il ne lui reste plus qu’à conclure. C’est le genre de motivation qui lui avait toujours manqué pour rompre le cercle vicieux de l’addiction.
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Note d'intention du réalisateur

Milou, le personnage principal du film, est accro au foot depuis son plus jeune âge. Aujourd’hui, sa vie est uniquement rythmée par les matchs du Standard de Liège, grand club Belge et ancienne gloire du football européen. Sa passion ne lui laisse aucun répit. Tous les jours, il suit les nouvelles de son club, dans le but non avoué d’éviter de se poser des questions sur sa vie à lui. Il a une seule certitude : il est et reste un supporter du Standard.
En racontant son histoire, j’ai voulu, avec humour et à travers des situations rocambolesques, traiter le thème de l’addiction.
Depuis quelques années, l’addiction est considérée comme une véritable maladie qu’il faut soigner.
Des services spécialisés sont créés dans les hôpitaux, des livres sont écrits sur le sujet, des spécialistes en parlent à la télévision... Elle semble être le mal de notre société, où la frustration nous conduit à des comportements de « surconsommation ». Car qu’est-ce que l’addiction sinon le fait
d’abuser d’un produit ? Que ce soit la nourriture, la cigarette, l’alcool, le cannabis, le sexe, les jeux vidéo, la télévision, le téléphone portable, les médicaments, l’héroïne etc. ?
L’addiction, c’est la substitution d’un produit à une angoisse.
Évidemment, il en existe différentes sortes : difficile de comparer un accro au chocolat et un alcoolique…
Impossible même ? Et pourtant le phénomène est identique.
Ce film « Je suis supporter du Standard » est une façon de parler de moi tout en gardant une certain distance. Utiliser la métaphore du foot me permet de viser au coeur de la dépendance tout en gardant un côté fantaisiste et comique. A travers le destin de Milou, le supporter acharné, c’est mon histoire que je veux vous raconter. Je connais l’obsession, le fait de s’abandonner à la pulsion, tout en étant conscient de ses effets destructeurs. J’ai eu besoin de temps, d’une cure, de l’amour
de mes proches et d’une bonne dose de confiance pour sortir de mon addiction et réussir à changer mon comportement.
Il ne s’agit pas d’un hasard si derrière cette passion pour un club de football se cachent aussi l’histoire d’une famille juive polonaise immigrée, qui pourrait fort bien ressembler à la mienne, mon pays la Belgique, la peur des relations amoureuses, récurrente chez les toxicomanes, et une certaine
sensibilité que j’ai toujours voulue cacher.
Certes l’addiction de Milou est beaucoup moins dure et spectaculaire que celle que j’ai connue, mais le processus de guérison reste le même : s’accepter soi-même, arrêter de se mentir et de se cacher derrière une recherche de la perfection.
QUELQUES MOTS SUR LA MISE EN SCENE
Réaliser ce film est une façon de me raconter tout en gardant une certaine distance. La métaphore de l’addiction au foot permet de viser au coeur de la dépendance, tout en maintenant un côté fantaisiste
et drôle. Pour entraîner les spectateurs dans cette histoire de supporter accro au foot, il me semble essentiel d’ancrer Milou dans une certaine réalité, celle d’un quartier populaire de Bruxelles où il a ses
habitudes. Les personnages secondaires seront hauts en couleurs et les dialogues savoureux, sans entrer dans la caricature.
Je veux me concentrer et donner toute mon attention aux acteurs. Nous sommes dans une comédie et pourtant il me semble que les ressorts comiques devront avant tout s’appuyer sur la sincérité de la scène. L’objectif est d’obtenir un niveau de jeu juste et réaliste, intense et pourtant légèrement exagéré. Les acteurs ne devront jamais se soucier de l’aspect technique du plateau de tournage. La caméra est à leur merci, à leur disposition. Elle se livrera à une chorégraphie harmonieuse et complémentaire à la leur, et essaiera de saisir une réalité qui manque toujours de lui échapper.
Pendant le tournage, toutes les scènes seront jouées et filmées en continuité. Ces plans séquences,qui seront ensuite redécoupées au montage, permettront aux comédiens de développer les sentiments des personnages, de les éprouver et de faire apparaître une intensité inédite. On s’attardera
sur la mise en scène et sur la direction d’acteur initiale (préparation et répétitions) pour ensuite tourner le plus rapidement possible.
Au service des acteurs, la caméra oscillera entre plans fixes sur pied et travelling. Par contre certaines scènes, notamment les scènes au stade seront filmées à l’épaule pour un rendu plus heurté, plus réaliste afin d’exprimer une urgence, un danger. Je qualifierai mes ambitions en terme d’image de réalisme sublimé. L’image sera réaliste sans pour autant être naturaliste, esthétique sans être publicitaire. Elle a la candeur des comédies tout en restant les pieds sur terre. C’est la décoration et les costumes qui apporteront des couleurs pastel à une image douce et légèrement désaturée.
Les costumes, miroirs de nos personnages et de ce qu’ils ressentent, seront particulièrement évocateurs sur ce film, le personnage de Milou évoluant considérablement. Avec la costumière, je veux réussir à lui façonner une personnalité complexe grâce à ses costumes. Je l’imagine, au début du
film, barbu, ne prenant pas trop soin de son apparence, dépenaillé et habillé d’un maillot du standard sous une veste de costumes. Pour autant il a du charme et un certain charisme qu’il faut faire ressortir. Après sa rencontre avec Martine, il commence à prendre soin de son allure, à faire attention aux vêtements qu’il porte. Il doit se révéler plus sûr de lui.
Plus rock et branchée, Martine a un vrai style de jeune femme d’aujourd’hui. Veste en cuir style perfecto, sa personnalité forte se retrouve dans son style. Elle n’a pas peur de la couleur.
Les autres personnages auront un style identifiable, immédiatement reconnaissables. La bande son a pour moi une importance fondamentale dans la réussite de ce film. La musique incarne les personnages principaux. Milou est resté scotché sur ce qu’il écoutait adolescent. Depuis il n’a pas beaucoup évolué. Amateur éclairé, il aime la musique des années 70 et particulièrement la soul. A l’inverse Martine est beaucoup plus moderne et branchée. Elle écoute de l’électro et du rock. Elle voue une passion à la jeune scène rock belge. Le rythme du film et du montage devra aussi exprimer l’évolution du personnage principal. D’abord soutenu car je désire y sentir l’énergie de l’obsession, le film verra passer par des moments plus contemplatifs pendant la période de changement avant de retrouver un rythme plus soutenu de comédie après la rechute de Milou.
Riton Liebman
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